Cela fait si longtemps que nous retenons notre respiration
que j'en ai complètement oublié jusqu'au gout de l'air.
J'ai perdu les images, les sensations et le son,
il ne reste que mon pouls qui toujours s'accélère.
Et elle, derrière le gouffre, qui souffre autant, si ce n'est plus.
Tous deux nous attendons, et nous prions, sans fin.
et toujours, au dessus de nous, toujours plus de cumulus.
Son coeur battant à l'unisson, au diapason, avec le mien.
Ma gorge me brule et fulmine de ne pouvoir hurler,
mes poings se crispent, vexés de ne pouvoir bouger.
Ça va péter, il le faudra bien, un jour ou l'autre.
Une pluie salvatrice, nous rapprochant elle et moi.
Nous libérer, tendre nos mains, l'un vers l'autre.
Nous n'attendons que ça depuis de si long mois.
Alors le terrible faussé sera comblé et nous marcherons sur l'eau,
réunis comme les Dieux le voulaient, le ciel comme unique manteau.
Les paroles prophétiques résonnent encore dans ma mémoire.
Demain peut-être, ça viendra, ne perdons pas espoir.
C'est écrit.
Je souris.







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